P E T E R  L A R S E N

Peter Larsen
Le voyageur contemplant une mer de nuages, 2017
lampe Bauhaus 11w, 23 x 23 x 23 cm.
Scinder, non pas pour détruire, mais pour construire de l’insolite. Scinder en deux une grenouille est à l’origine des progrès en médecine, comme en géométrie, scinder un cercle en deux fois phi. Ce qui est surprenant c’est lorsque l’on scinde en deux, et qu’étrangement les deux partis se révèlent différentes.
La lumière fut ou fut le big-bang. À la nuit des temps, l’homogène se scindait en deux, deux parties très contrastées, ténèbres et lumière.
La naissance de la lumière a scindé pour sa part la nuit statique de l’univers en ciel étoilé et en temps compté. Phénomène que je retrouve le soir chez moi, la lumière de cette lampe m’isole de la nuit dans une ambiance de hygge si chère au danois que je suis.
Œuvre d’art et de poésie, je me suis inspiré pour la forme de cette lampe d’une gravure d’Itten, professeur au Bauhaus dans les années vingt, et d’un tableau de Böcklin de la fin du 19ème siècle, L'Île aux morts. Les couleurs varient d'une lampe à l'autre, donnant lieu à un titre individuel, comme ici le nom d'un tableau de Caspar David Friedrich. La lampe est ainsi un livre /sculpture, avec un récit qui se devine, se rêve, dans ses couleurs et dans sa lumière.
On ressent au travers de cette lampe la présence d’une maquette d’architecture. Malgré un style international de bureaux affairés, le lieu ne semble pas habité, on y aperçoit personne, la structure semble silencieuse et desserte, et rayonne d’un contagieux calme absolu. Lampe de salon ou lampe de chevet, sa lumière diffuse une sublime sérénité, qui se laisse contempler comme la lueur d’un phare à l’entrée des rêves apaisants.